PETER GABRIEL
23 juillet 2004. Arênes de Nîmes.
Groupe :
Peter Gabriel : chant, claviers, tambourin.
David Rhodes : guitares, choeurs.
Tony Levin : basses, Stick, choeurs.
Richard Evans : guitares, cornemuse, choeurs.
Rachel Z : claviers, guitar-synth, cheours.
Ged Lynch : batterie, percussions.
Melanie Gabriel : choeurs.
Levon Minassian : doudouk.
Set-list :
1) Intro - The feeling begins
2) Red rain
3) Secret world
4) White ashes
5) Games without frontiers
6) Downside-up
7) The tower that ate people
8) San Jacinto
9) Digging in the dirt
10) Solsbury Hill
11) Sledgehammer
12) In your eyes
13) Biko
18 h 00, nous arrivons à Nîmes. Dans le lecteur cd, Misplaced childhood vient de finir et on met Random 1-8 de Muse. Pas de quoi se préparer donc...Quelques minutes plus tard, après l'epreuve de trouver une plaçe à côté des Arênes, une autre s'offre à nous, la file d'attente. Finalement, c'est réglé au bout d'une heure un quart, juste le temps de trouver un bon emplacement, la marge qu'il nous reste avant le début des festivités est juste ce qu'il faut.
20 h 00, ça commençe. Il fait encore bien jour et le premier groupe arrive. Il s'agit d'un groupe à tendançe plutot reggae (Idrissa Diop). Les membres et leur meneur sont bien sympas, ainsi que leur musique, mais c'est un peu lassant de toujours entendre : "Maintenant tout le monde tape dans ses mains" "Tout le monde répète..." ...la même chose durant cinq bonnes minutes. Ok.. toujours est-il qu'ils ont de bonnes idées (ils ont joué une chanson pour la paix) et que ce sont des amis du grand Carlos Santana (ce qui a ravi Blondin -Blondin c'est mon vieil ami Quentin - car il en est fan). Il finissent vers 20 h 45.
21 h 00, le grand groupe de cette première partie arrive, ils s'appelent The Streets. Leur musique est très bien, du rap sur ambiance très electro ou je ne sais comment qualifier cela, simplement elle aura vite fait de me saouler, meme si j'ai essayé d'être attentif, et je ne suis pas le seul... Ca gonfle ma mère, ma tante, mon frère également. Et j'avoue que de ma vie je n'ai jamais vu un groupe se faire autant conspuer par le public !! C'était hallucinant, les sifflements couvraient les chansons à la fin, le public voulait Peter, point barre ! Les The Streets ont tout de même été assez courageux pour continuer, seulement, au lieu de finir à moins le quart, ils ont pris dix minutes de plus, ce qui à agacé le public...C'était pas la peine non plus de la part du chanteur d'en rajouter une couche
(de provoc' bien sur) comme quoi soi-disant: "Frenchies don't know what's Rock". Bref.
Les technicos installent le matériel, ce qui prend évidemment beaucoup de temps. Et ca continue, apparement ils ont de la difficulté avec le Fairlight (si c'en est bien un, j'ai cru voir un écran d'ordi à cote) de Peter...Donc rien jusqu'à dix heures et demie, la nuit est tombée (c'est ce que je voulais en fait, donc je me plaignais pas). Tout le long des manips, ils nous ont mis Passion, la B.O de la "Dernière tentation du Christ" de Scorcese (B.O écrite par...Peter Gabriel), sympa, très sympa.
Puis les lumières s'eteignent, tout le monde soupire, mais fausse alerte...au milieu de la scène, un gars, seul avec une guitare. Il n'a interprété que trois chansons, mais avec quelle fougue ! Il se débrouille sacrément bien le bougre, en plus pour se retrouver seul façe à tout ce monde...il joue bien de la guitare, il tape dessus en guise de percussions, ses chansons sont sympas...bref, dommage que j'aie pas retenu son nom (il s'agit du camerounais Daby Touré).
22 h 45, ils nous remettent "Passion", avec un morceau d'OVO en plein milieu (j'ai reconnu Low light), mais pas pour longtemps cette fois. Au bout de cinq minutes, les lumières s'éteignent à nouveau. Puis tout de suite elles se rallument et laissent voir un homme habillé clair qui s'avance vers le devant de la scène. Ma mère dit "Oh non, encore ?? ca va jamais commençer !!". Et pourtant j'ai vite fait de lui prouver le contraire, ça commence tout juste ! En effet, j'ai eu vite fait de reconnaitre l'homme, dont la présence ici se soir m'a agréablement surpris. Il s'agit de Levon Minassian, le joueur de doudouk (note : flûte arménienne datant du XII eme siècle !) que l'on peut voir sur le DVD de la tournée "Secret world", mais il date de 1994 et j'ignorais totalement qu'il accompagne encore Peter, dix ans après ! Décidément quelle surprise ! Il n'a pas vraiment changé, l'ami. Dès que je le vois, j'ai une petite idée de ce qu'il vient nous interpréter, sur un fond de synthé qui démarre alors.
En guise d'intro, voici The feeling begins, ouverture de Passion et la magie survient d'on ne sait où... Lorsqu'elle est finie, les musiciens tant attendus arrivent enfin et prennent plaçe, sous une avalanche d'applaudissements. Peter prend plaçe derrière son clavier devant à gauche. A ses côtés, sa fille Melanie. Au milieu le grand Tony Levin. De l'autre côté, Richard Evans, et surtout à l'extrème-droite, mister David Rhodes. Derrière à gauche, Ged Lynch derrière ses fûts, et à droite, l'exquise Rachel Z aux claviers.
Ca démarre très fort, Red rain ouvre le bal de manière somptueuse, bien que toujours un peu trop lente par rapport à la version de So à mon goût. Mais bon, Peter a vieilli, et il est inutile de s'attendre à nouveau à des interprétations rapido-explosives. Quoique de ce côté-là, sans vraiment l'être, Secret world fait tout à fait l'affaire. Et il a encore réussi à l'améliorer (je n'étais pas là pendant la tournée Growin' up)... Les guitares rugissent, la basse ronfle, Ged met la sauçe et les claviers de Rachel laissent échapper de superbes notes, jouées à la manière d'une dizaine de cornemuses !! Puis vient White ashes qui si
je me souviens bien, figurait déjà sur la tournée précédente. Excellente chanson (Peter chante en duo avec sa fille), trop laissée de côté, autant que l'album dont elle fait partie d'ailleurs...Jusque là, il y'avait cinq panneaux blancs à l'arrière-plan. Le fait qu'il n'y'ait pas d'écran géant à vite fait comprendre au début de la soirée qu'il s'agirait d'un concert avec un décor et une ambiance visuelle plutôt sobres. Mais tout cela sera vite noyé par rapport aux jeux de lumière. En attendant, les panneaux sont enlevés, et voici Peter et Mélanie, montés sur des espèces de charriots électriques, qui s'avancent et s'amusent à aller de partout sur le devant de la scène pendant que joue Games without frontiers, première très vieille chanson de la soirée (1980). Jolie version et les deux qui continuent à jouer sur leurs charriots semblent s'éclater comme des fous (et nous aussi par la même occasion).
Puis OVO est à nouveau à l'honneur pour les deux chansons suivantes. Downside-up d'abord. Melanie n'est pas une chanteuse pro et ses capacités vocales sont encore assez limitées certes, mais je trouve qu'elle se débrouille plutôt bien et elle à encore le temps de s'épanouir. Et la chanson n'a rien perdu de sa beauté. Peter a ensuite décidé de ressortir un morçeau moins évident et aussi plus agressif : The tower that ate people. Encore un bon point pour une réadaptation meilleures qu'à l'origine. En live, elle perd beaucoup son côté répétitif, et les guitares hurlent. Quant aux basses...puissantes...Gros décibels pour cette première partie, attendons de voir la suite.
Peter prend cinq minutes, le temps de raconter une petite histoire, qui est en fait l'initiation d'un jeune apache dont le parcours commençe au sommet de la montagne. Puis arrivée des sons de claviers que tout bon fan du Gab reconnait facilement : intro de San Jacinto. Le chanteur semble fatigué, mais ça ne l'empêche pas de mimer la danse qui fait à elle seule la beauté de la chanson. Emotions fortes, surtout dans la partie finale. Viennent ensuite trois puissantes songs, incontournables. Digging in the dirt, agressive ce qu'il faut, autant que bizarre, au refrain si accrocheur (Mélanie et Rachel qui crient "This time, you've gone to far !!"). Mon frère était ravi (c'est sa préférée). Même sans les images (d'ordinaire, Peter portait un casque auquel était fixée une caméra), elle était fabuleuse.
Présentation des musiciens ensuite. Rachel d'abord ("La dame aux claviers"), Richard ("Il est resté longtemps dans l'ombre en studio, mais je suis heureux qu'il soit avec moi ici ce soir"), Melanie ("je suis un papa heureux, j'ai ma fille qui chante avec moi"), Ged ("Quand il tape, ca fait "boum", et son siège fait "poum", ça arrive à le faire sourire" *rires qui fusent*), David ("Cela fait très très très longtemps qu'il travaille avec moi, je le remercie pour tout") et enfin "Il n'en reste plus qu'un". Avec Blondin on crie "TONY !!". Peter ajoute "Il avec moi depuis le début de ma carrière solo. Cela fait tellement longtemps que je n'arrive plus à me souvenir comment nous étions quand nous avions encore nos cheveux" Rires de tout part et ovation.
Puis reprise de la musique. SOLSBURY HIIIIIIIIIIIIILL !! Là, tout le monde se lève, danse, tape des pieds, moment magique !! De même pour Sledgehammer dont le public chante l'intro avant même qu'elle n'ait démarré. Peter arrive, vétu d'une veste qui s'allume, excellent !!
Les musiciens s'en vont et les lumières s'éteignent. Un bruit de percussions bien connu s'élève, et les revoilà tous pour interpréter un splendide In your eyes, avec en guest Daby Touré, j'ai retrouvé son nom, c'est l'homme qui avait joué à 22 h 30 seul avec sa guitare. Peter et lui dansent, sautent, nous donnent de la joie... "Ooooh ! It's in your eyes...". Tout s'arrete à nouveau. Enfin, la batterie démarre, introduisant l'un des clous de la soirée, le magnifique premier hymne anti-apartheïd de l'histoire de la musique, l'un des premiers hits de Peter, le superbe Biko, avec Richard qui joue de la cornemuse, bien que les projos ne l'éclairaient pas... A la fin, tout le monde reprend en cheours les "Oh ! Oh! Oooooooh !", Peter nous salue une dernière fois et s'en va, suivi de ses musiciens. Seul reste Lynch, continuant de taper bien fort sur ses fûts tandis que le public continue à chanter...Et le noir retombe, lumières, scène vide.
Concert mémorable, bien que Peter ne soit pas au top de sa forme (il paraissait très fatigué), sans compter que l'exctinction de voix qu'il a eu il'y'a une semaine ont agi sur lui autant que sur la set-list (écourtée, de plus aucun morçeau de Up n'a été joué). Mais il s'est donné à fond pour satisfaire le public qui en faisait autant que lui. Il communiquait beaucoup et s'exprimait en français. Même s'il ne maîtrise pas l'accent, il arrive toujours à glisser quelques pointes d'humour dans ses discours, notamment lors de la présentation du groupe. Quel grand homme décidément ! il ne faut pas oublier la mise en scène, les chorégraphies (sur Solsbury Hill, les guitaristes, sa fille et lui se mettent en file et dansent partout sur la scène)...
On reconnaît le pro, et l'on peut en dire autant du groupe qui communique toujours autant sa joie de jouer et surtout de jouer ensemble, bien qu'il s'agissait là d'une scène ordinaire et non pas circulaire comme sur la tournée précédente. Il était fatigué, la set-list était aux 2/3 de ce qu'elle était auparavant, mais qu'importe ! Et puis de toute manière il repassera et tout se déroulera dans de meilleures conditions, et pourtant là, c'était déjà énorme.